Du Kraft au chocolatMoscou. Est-il quelque chose d’impossible dans cette ville ? De mes dernières emplettes à l’épicerie du coin je suis revenue avec un étrange panier d’épicerie. Je n’ai trouvé ni légume, ni pinte de lait, mais une chose bien curieuse: des tranches de fromages Kraft au chocolat. Exactement ces tranches jaunes fluorescentes que l’on glisse de coutume entre le pain et la viande de son hamburger. De belles tranches compressées bien brunes, emballées individuellement sous cellophane, prête à fondre sur… mais au fait, sur quoi ! Le goût ? Ce goût classique de plastique fromagé qui couine entre les dents, un arrière-goût prononcé de Nutella en plus.

J’ai poussé l’expérience jusqu’aux produits jouxtant le fromachoco dans les rayons: le beurre au chocolat, la pizza fraises-fromage, les sushis sous vide à la purée d’orange, les saucisses à la cerise et au poivre en grain.

Une tranche de chochoKraftMon panier d’épicerie est au mille couleurs de l’arc-en-ciel, plein d’étrangeté qu’on ne demande qu’à connaître, imagination débridée d’un entrepreneur audacieux, corne d’abondance d’influences d’Asie ou de l’Ouest. J’ai dans mon panier toute la diversité qui fait si cruellement défaut aux rues de la ville. Toute la diversité que l’homogénéité blafarde de la population craint comme la mort.